Dans l’histoire de chacune des antiques civilisations, on retrouve toujours une légende concernant la perle. Celle-ci exprime invariablement un don céleste et représente le triple symbolisme : lune-eaux-femme d’où dérivent les propriétés magiques de la perle : médicinales, naissances, funéraires.

Quand la lune ronde déverse sa merveilleuse lueur argentée sur les flots, les nacres remontent du fond de la mer pour venir à la surface. Là, elles s’ouvrent et doucement bercées par les vagues, elles s’imprègnent alors amoureusement de la rosée nocturne et des rayons de la lune. Les perles naissent de cette union.”

En Polynésie :

“Notre nacre se nomme Te Ufi. Elle est la fille de Okana (l’esprit du corail) et de Varo (l’esprit du sable). Elle est parée de la robe étincelante de chaque poisson de son domaine. Elle était tellement belle que Oro (dieu de la paix et de la fertilité) descendit sur terre chevauchant un arc-en-ciel et lui donna la perle pour l’offrir aux humains. La robe de Te Ufi et l’arc-en-ciel de Oro donnèrent l’irisation de nos perles.”

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L’un des plus vieux document relatif à la perle date de 2206 ans avant Jésus-Christ et fut rédigé par Confucius relatant un tribut que des princes chinois reversaient à leur empereur. De même, Alexandre le Grand troquait des perles tandis qu’au Pérou l’on décorait des constructions avec des perles et des morceaux de coquilles de nacres.

Il est pratiquement certain que le plus ancien collier existant de nos jours vienne de la Perse Antique du sarcophage d’une princesse Achéménide, découvert lors de fouille à Susa, en Iran en 1902 et datant d’environ 2400 ans. Il est connu sous le nom du collier de Susa et possède trois rangs de 216 perles.

Exploités depuis plus de 2000 ans avant J-C. Les 3 premiers bassins perliers sont respectivement ceux du golfe persique, de la mer rouge et du golf de Myanmar. Le XVIe siècle a vu l’apparition de gisements situés sur la côte atlantique du Venézuela, les golfes de Panama et de basse Californie.

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Le rendement avoisinant un taux d’une perle toutes les 15 000 huîtres retirées, la fin du 19e siècle a vu se tarir les gisements de Perle fines.

La première tentative de greffe remonte au XIIIe siècle en Chine. Mais c’est vers la fin du 19e siècle, suite à l’épuisement des bancs d’huîtres perliers et à certaines épidémies marines que nombre de scientifiques ont tenté de reproduire le processus naturel de formation d’une perle.

Au printemps 1902, Tatsuhei Mise (1880-1924), entreprend des expériences de culture perlière et en annonce le succès en 1904. M. Nishikawa débute ses propres essais en 1905 avec ses élèves et présente ses premiers résultats en 1907. La méthode employée et utilisée de nos jours, fut nommée la méthode de pièce ou méthode de Mise-Nishikawa. Mais c’est en 1916 que M. Kokichi Mikimoto (1858 – 1954) racheta les droits et obtint le premier brevet d’inventeur et producteur de perle au Japon, dite Akoya.

En Polynésie Française, malgré plusieurs tentatives de greffes, notamment dans les années 1930 par un certain François Hervé dont l’illustre témoin fût le peintre Matis, ce n’est que dans les années 1960 qu’un essai de greffe se transforma en réussite. En Août 1961, Jean-Marie Domard, chef du service de l’élevage et de la pêche, organise une expérience avec un greffeur japonais du nom de Churoku Muroi.

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Monsieur Jean-Marie DOMARD

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Monsieur Churoku Muroï

Cette première expérience eut lieu sur l’atoll de Hikueru. Dès 1962, la greffe étant satisfaisante, il fût décidé de réitérer l’expérience en transférant des nacres de Mopelia à Bora Bora. Les récoltes faisaient l’objet d’une exposition en Février 1965 et les perles furent mises en valeur par le bijoutier Mourareau. Certaines d’entre elles atteignaient 14 mm de diamètre.